• Théodore Otzenberger

La quête de transparence dans le monde de l'aide humanitaire est-elle nécessaire ?

Dernière mise à jour : 25 févr.

Depuis le XIXème siècle et l’orée de l’aide humanitaire, le complexe sujet du don fascine et effraie acteurs, donateurs et parties prenantes d’associations et d’organisations non gouvernementales (ONG). L’effervescence de la générosité collective fascine et rend possible toutes implémentations humanitaires, tandis que la gestion de ces ressources monétaires et matérielles effraie par son inefficacité, son impossibilité à être transparente et à dédier chaque centime à la cause finale.

Si les dons collectifs ne semblent globalement pas décroître, ils n’augmentent pas et sont loin de suivre les tendances grandissantes des besoins en aide humanitaire : celle-ci, facilitée par les crises notamment climatique et d’instabilité politique, a explosé dernièrement. Selon l’ONU, 280 millions de personnes auront besoin d'une aide humanitaire en 2022, soit une personne sur 29 dans le monde. C'est 17% de plus qu’en 2021.


Tandis que les besoins en matière d'aide humanitaire grandissent, aucune réelle transformation des ONG et associations n'est à l'œuvre, en dépit de leurs défaillances en matière de gestion, de transparence ou encore d'efficacité. Ban Ki-Moon, ancien secrétaire général de l'ONU, estimait en 2012 que 30% du budget alloué à un projet n'arrivait jamais jusqu'au destinataire final - notamment à cause de la fraude et de la corruption. Plus récemment, le Start Network estimait à 10% en moyenne les pertes dues uniquement aux inefficacités financières (frais bancaires, taux de changes, fluctuations monétaires...). Si l'on ajoute à cela les frais de fonctionnement et les coûts de marketing afin d'attirer des donateurs (et qui atteignent fréquemment 25% du budget global), il ne reste finalement plus grand chose pour financer le projet...


Si ces défaillances persistent, c’est avant tout parce que les organisations ne peuvent investir dans la lutte contre la fraude et le développement d’outils adéquats. Elles sont alors, bien souvent, contraintes d'accepter ce statu quo, faute de meilleure solution.


L’amélioration de la transparence permettrait du côté des ONG de donner un second souffle à la lutte contre la fraude et la corruption. Mais, de manière tout aussi importante, elle offrirait aussi une toute autre relation de confiance à chaque donateur, redorant le blason de nombreuses organisations et associations, et créant un élan de générosité se devant grandissant. L’opacité qui entoure le monde des dons humanitaires est en effet la première raison pour laquelle les particuliers ne donnent pas aux associations et organisations humanitaires et sociales, raison partagée par 68% des Français.


Se voulant innovantes mais n'ayant que rarement les moyens d'innover, les ONG de toutes tailles et d’à travers le monde s’accordent sur une même conclusion : le secteur de l’aide humanitaire a besoin d’une solution clé-en-main pour lutter efficacement contre la fraude et la corruption.